L’isola di Porquerolles è caratterizzata dalla presenza di testimonianze di un passato relativamente recente. Una di queste è il Forte Le Bon Renaud, all’ingresso del quale, anni fa, si poteva trovare un cartello riguardante i più salienti episodi avvenuti nel XIX secolo.

 

Ecco cosa riportava:

XIXe siècle

1801 : une batterie est installée à la tour du Titan, au Levant. La menace barbaresque est toujours forte.
1802 : un bâtiment de Naples est capturé par des corsaires algériens, sous les îles. Les 38 hommes d’équipage sont emmenés en captivité.
1802 : une batterie est construite dans l’anse de la Galère, pour défendre un poste de douaniers.
1804 : les navires de l’amiral anglais Horatio Nelson, installés à l’île du Levant et au Cap Bénat, surveillent et attaquent les navires qui viennent ravitailler la flotte française en construction à Toulon.
1804 : Porquerolles est revendue à un homme de loi, Louis-Honoré Régis.
1805 : Port Cros compte 27 habitants, le Levant 11, qui occupent les trois fermes. Les deux îles sont achetées par MM. Gazzino et Rolland.
1805 : on envisage, sans suite, de reconstruire le môle de pierre de Port Cros, d’une douzaine de mètres de long, insuffisant et en mauvais état.
1807 (novembre) : un décret impérial délimite la partie de Porquerolles réservée au Génie Militaire.
1809 : l’île du Levant est toujours environnée de corsaires ennemis, qui rendent son exploitation difficile. Une ferme est à nouveau incendiée.
1810 : Napoléon, empereur de 1804 à 1815, conscient de l’intérêt stratégique des îles, dont les Anglais avaient fait une base d’opérations, entame toute une série de travaux destinés à protéger l’escadre de Toulon et empêcher les Anglais d’occuper la rade d’Hyères, qui vont s’étaler jusqu’en 1813. Il décide d’affecter 3000 hommes à la défense des îles.
1811 : à Port Cros, le fort de l’Estissac, endommagé en 1794 par les Anglais, est reconstruit, notamment la façade Est, sur un plan carré. On entreprend la reconstruction du fort de l’Eminence, l’ancien étant rasé. On entreprend également la construction du fort de la Vigie. Des troupes sont installées dans le Château du Moulin et dans les habitations proches, le village étant alors en hauteur. L’ensemble est complété par la batterie du Sud.
A Bagaud, la batterie du Sud est construite. Sur le continent, des batteries sont également installées sur la pointe Cristaou et au cap Blanc.
Sur l’île du Levant, la construction du fort de l’Arbousier est entreprise.
A Porquerolles, le fort d’Alycastre est remis en état : la batterie du 1er étage est couverte, les deux niveaux redistribués, un accès direct percé à travers le mur sud, épais de 3,5 m pour l’approvisionnement. Le fort de Lequin est achevé, le fort Ste Agathe reconstruit, le fort du Bon Renaud construit. Le fort du Petit Langoustier est amélioré. La batterie Sainte-Anne est construite près du fort du Grand-Langoustier, ainsi que la batterie du Galéasson.
1811 : Napoléon établit dans la plaine de la Courtade et celle de Notre-Dame deux camps qui accueillent jusqu’à 800 à 1 000 personnes. Il pense construire une batterie sur l’îlot du Sarranier, pour défendre la Grande Passe.
1811 (août) : Port Cros est attaquée par un corsaire qui se rend maître du village, détruit le poste de douane, démolit les habitations.
1812 : Napoléon demande au ministre de la Guerre de détacher une cohorte de gardes nationales pour la garde des îles d’Hyères, en la changeant, si possible, tous les mois.
1812 : Napoléon envisage d’élever une forteresse au milieu de la Grande Passe, et de la barrer par des jetées. Le projet est abandonné, en raison des fonds trop importants.
1812-13 : à Port Cros, un hôpital est installé à l’emplacement actuel de l’église. La prairie en arrière de la plage est une Place d’Armes. La garnison est alors de deux bataillons, soit 1 700 hommes.
1813 : les travaux sur Port Cros sont terminés, le fort de la Vigie est achevé. La garnison de Port Cros comprend 412 hommes, commandés par 7 officiers, effectif réduit à 115 hommes et 4 officiers en 1814. Une maisonnette, près du cimetière, sert de poudrière.
1813 : à Bagaud, la batterie de l’Est est reconstruite, pour couvrir la plage de Janet. La batterie du Nord est construite.
1813 : au Levant, on achève le fort de l’Arbousier, composé d’une batterie et d’un corps de garde doté d’une citerne. Les autorités militaires décident d’établir une garnison d’un bataillon entier sur le plateau de l’Avis. Des baraques sont construites pour la troupe qui n’y séjourne que peu de temps.
1813 : une nouvelle batterie est également construite au cap des Mèdes, sur un terrain militaire de 40 ha, comprenant une carrière utilisée comme champ de tir, complété d’une caserne de la Flotte chargée de récupérer les débris de projectiles.
1813 (avril) : Napoléon décide par décret de se rendre totalement acquéreur des îles d’Hyères. Une expertise est décidée en juin, dont est chargée un notaire de Hyères. Des manoeuvres locales retardent l’exécution.
1814 : un brick français est capturé par des pirates algériens.
1815 : le décret de Napoléon se concrétise pour Bagaud, qui est acheté par l’Etat. Les batteries sont désarmées.
1815 : la reconstruction du fort de l’Eminence est arrêtée.
1816 : les Ponts et Chaussées construisent à Porquerolles un môle en maçonnerie de 16 mètres de long, à l’Est/Nord-Est de l’anse du port.
1816 : un Marseillais, Jean-François Gazzino dépose une demande de construction d’une usine de fabrication de soude à Port Cros. L’autorisation est accordée, à condition que le combustible soit limité aux bruyères de l’île.
1817 : la construction de l’usine de soude de Port Man commence à l’été.
1818 : le 19 octobre a lieu le premier chargement de soude de l’usine de Port Man vers Marseille, effectué par la tartane La Florianne.
1818 : l’Etat fait l’acquisition de 106 ha de terrains et bâtiments à Port Cros, afin de compléter les établissements militaires et relier entre eux par une route stratégique les quatre forts.
1819 : le Génie Militaire élargit le môle du port de Porquerolles.
1820 : Port Cros compte 47 habitants, le Levant 13.
1820-1825 : le village de Porquerolles est construit pour la garnison de sous-officiers et fusiliers vétérans. Le Génie Militaire, pour récompenser les Invalides qui gardaient le fort Sainte-Agathe et le Château du Moulin, leur accorde des concessions pour neuf ans, avec renouvellement obligé, qui leur donnent le même droit qu’à des propriétaires. Les maisons ne doivent pas dépasser un étage, et chaque concessionnaire doit planter un arbre devant sa maison.
1820 : les habitants d’Hyères demandent de reprendre les travaux du port du Ceinturon. Le projet est réétudié, ainsi que l’assèchement des marais.
1820 : un hiver exceptionnellement rigoureux détruit tous les oliviers et des orangers de Hyères.
1821 (août) : la Restauration ayant décidé la restitution des biens confisqués par la Révolution aux émigrés, le comte Sublet d’Hendicourt de Lénoncourt, fils de l’émigré, acquiert les terrains détenus par Louis-Honoré Régis pour 38 000 francs, avec M. Michel. Le Génie refuse de rétrocéder les terrains militaires, ce qui provoque un procès qui durera trente ans.
1822 : la Porquerolles’ Cup est gagnée par la corvette La Coquille, commandée par le capitaine Louis-Isidore Duperré.
1822 : une partie du môle du port du Ceinturon est démoli par le sieur Aurran, pour en récupérer les matériaux.
1823 : on décide de créer un cimetière à Porquerolles, au lieu dit La Bergerie, sur des terrains concédés à perpétuité à la commune.
1826 : le Génie Militaire entreprend la construction d’une jetée de protection du port de Porquerolles, enracinée à l’Est de la plage, longue de 45 mètres.
1826 : une demande est déposée en vue de la construction d’une usine de soude sur un terrain de 18 hectares à l’est de Porquerolles, près du Langoustier.
1827 : l’île du Levant n’est habitée que par quelques paysans et une dizaine de douaniers.
1827 : une nouvelle autorisation est donnée pour l’extension de l’usine de soude de Port Man, à laquelle participent, outre Jean-François Gazzino, Denis et Antoine Rolland. L’ensemble de l’usine couvre 5 570 m2.
1827 : la fabrique de soude du Langoustier est cédée à Madame Veuve Marini, MM. Marini, Delpuget et Crémieux. Elle emploiera jusquà 150 ouvriers et expédiera environ 2 000 tonnes chaque année à Marseille.
1828 : le duché de Sabran, créé en 1817, revient au marquis de Pontévès.
1828 (ou 1823 ou 1833) : M. Michel revend ses terrains à Porquerolles pour 80 000 francs à MM. Noilly et Plasse, de Marseille.
1829 (1er janvier) : l’usine de soude de Port Man est fermée. Son exploitation avait nécessité des coupes de bois considérables.
1830 : le fort du Petit Langoustier est à nouveau restauré. Le fort Ste Agathe est couronnée par une enceinte crénelée.
1830 (mai) : 600 navires se concentrent en baie d’Hyères, pour aller attaquer Alger. La prise d’Alger signe la fin des incursions des barbaresques nord-africains.
1830 : la princesse Cristina de Belgioso (1808 – 1871), patriote italienne, chassée d’Italie par la police autrichienne, se réfugie quelques mois à Porquerolles, avant de s’établir à Paris où elle tiendra un salon fréquenté.
1830 : Louis Méry, journaliste marseillais, écrit une Histoire de Provence.
1833 : Port Cros compte 60 hts.
1834 : on peut lire dans le Magasin Pittoresque que les îles d’Hyères sont constituées de “trois ou quatre vastes rochers éloignés de plusieurs lieux de la côte et que visitent seuls les barques de pêche ou les navires chassés par la tempête”.
1835 : Porquerolles compte 100 hts. A Port Cros, 86 ha sont cultivés.
1835 (juillet) : M. Pascal devient adjudicataire de l’île du Levant et de Port Cros.
1835 (décembre) M. Pascal revend le Levant et Port Cros au marquis Louis Marie Augustin Athanase de Retz de Malevieille, négociant et propriétaire du château de Saint-Lambert, près de Marvejols, par l’intermédiaire de son frère, comte de Retz, capitaine d’infanterie. Marié à la marquise Esclaremonde de Las Cases, aidé de son neveu Paul de Retz, il tente la mise en cultures.
1835 : Alphonse Denis (1794 – 1876), maire d’Hyères de 1830 à 1848, écrit Promenades pittoresques dans le département du Var.
1836 : Port Cros compte 68 hts, le Levant 27.
1837 : on construit le phare du Titan, au Levant, ainsi que le phare du cap d’Armes, à Porquerolles.
1838 : la garnison de Port Cros ne compte plus que 14 soldats commandés par un seul officier, complétés par une compagnie de vétérans.
1841 : une Commission mixte d’armement des côtes, de la Corse et des Iles, est créée à l’initiative du maréchal Soult, ministre de la Guerre. Elle réexamine tous les sites de défense, uniformise les pièces d’artillerie et normalise 6 plans de corps de garde défensif qui seront adoptés en 1846.
A Porquerolles, le fort de l’Alycastre est déclassé, mais conserve un canon de 4 et deux mortiers de 22 cm.
A Port Cros, les façades Sud et Ouest du Château du Moulin sont reconstruites, la batterie du Sud est abandonnée.
1841 : Port Cros compte 65 hts, le Levant 11.
1843 : la prolongation du môle du port de Porquerolles est étudiée.
1844 : la chapelle Notre-Dame du cap Bénat est réparée et rendue au culte, par autorisation de l’évêque de Fréjus.
1844 : le marquis de Retz revend le Levant et Port Cros à Las Cases.
1845 : Madame de Raigecourt acquiert les 280 hectares de la terre de Bénat de François Vidal.
1846 : Port Cros compte 37 hts, le Levant 10.
1846 (février) : un ordonnance royale de Louis-Philippe (1773 – 1850), roi des Français de 1830 à 1848, attribue le port de Porquerolles aux Travaux Publics.
1847 : les forts du Bon Renaud est reconstruit : il est rasé et remplacé par un corps de garde défensif pour 30 hommes. Il est destiné à être équipé de 3 canons de 30 cm, 2 obusiers de 22cm et un mortier de 32 cm.
1848 : la plate-forme du fort du Galéasson est agrandie pour recevoir 3 canons de 30 cm, 3 obusiers de 22 cm et un mortier de 32 cm. On construit une tour crénelée modèle 1846.
1848 : la batterie des Mèdes est réorganisée pour accueillir 10 pièces à canon et 2 mortiers. On construit une caserne à deux étages, dont un sous-sol utilisé comme magasin. A l’arrière, l’ouvrage est fermé par un mur d’enceinte crénelé, percé d’un portail flanqué d’un petit bastion.
1848 : le fort de Lequin est amélioré : on construit un parapet en fer à cheval, un corps de garde crénelé pour 30 hommes. Il est armé de 3 canons de 30, 3 obusiers de 22 et 2 mortiers de 32.
1848 : le Père Ollivier, aumônier du dépôt de Convalescents des Soldats d’Afrique obtient une recommandation du prince de Joinville (1818 – 1900), 3ème fils de Louis-Philippe, amiral, au ministre de la Guerre en faveur de la création d’une chapelle militaire à Porquerolles.
1848 : le fort d’Alycastre sert de prison d’Etat.
1850 (août) : on pose la première pierre de la chapelle militaire qui deviendra l’église Ste Anne de Porquerolles, financée par le ministère de la Guerre, l’île et la mairie d’Hyères.
1850 : Las Cases revend Port Cros et Bagaud à M. Bourgarel et l’île du Levant à Balahu de Noiron, qui tente à son tour la mise en cultures. Il fait réparer les maisons, tracer des chemins et défricher 300 à 400 ha de terres. Manquant de main d’oeuvre, il demande l’autorisation d’instituer un pénitencier agricole.
1850 : la reconstruction du château du Moulin, commencée sous l’Empire, est achevée. La Commission de 1841 a fait aménager une batterie de côte pour 3 canons de 30 cm, 3 obusiers de 22 cm et un mortier.
1850 : les travaux sont repris au fort de l’Eminence.


1851 : Port Cros compte 41 hts, le Levant 27.
1851 : Madame de Raigecourt donne la terre de Bénat à sa nièce, Madame de Lascaze, épouse de Retz.
1851 (mars) : la chapelle militaire de Porquerolles est bénie par le Père Ollivier.
1851 : Port Cros est revendue par les héritiers Bourgarel au duc de Vicence, qui fait construire le Manoir d’Hélène, puis au comte de Morel, puis à M. Noblet. Celui-ci s’applique à étendre les cultures, notamment de mûrier (300 pieds), de vigne, puis d’artichauts. Il développe aussi l’élevage de moutons et de chèvres. Il y a alors cinq fermes reliées par des chemins carrossables. M. Noblet fait ajouter les tourelles d’angle au Manoir d’Hélène.
1851 : le 16 décembre, le Ville de Grasse, petit vapeur de luxe à aubes, construit en 1848 aux chantiers de la Seyne, parti de Marseille avec 54 passagers, entre en collision avec le Ville de Marseille qui le coupe en deux, dans la Petite passe entre Porquerolles et le Grand Ribaud. Le Ville de Marseille recueille quelques naufragés, de même que le vapeur Nantes et Bordeaux. En 1958, la préfecture maritime met fin à une rumeur selon laquelle le Ville de Grasse transportait 1 750 louis d’or.
1852 : le fort d’Alycastre est à nouveau utilisé comme prison.
1852 : un compromis met fin au différend entre la famille de Lénoncourt et le Génie Militaire. Il confirme les concessions concédées à partir de 1820 par le Génie Militaire aux vétérans.
1853 : B. de Noiron revend l’île du Levant à Melchior de Grivel.
1854 : on constate l’ensablement du port de Porquerolles, et un accord est conclu pour prolonger l’embarcadère de vingt mètres.
1855 : pendant la guerre de Crimée (1855-1856), 15 à 20 000 (2 000 ?) soldats, soupçonnés d’être porteurs du typhus, sont hospitalisés à Porquerolles, dans les camps des plaines de la Courtade et Notre-Dame. La guerre de Crimée oppose à la Russie une coalition composée de la France, l’Angleterre, le royaume de Sardaigne et l’empire ottoman.
1855 : à Porquerolles, le môle de pierre du port est prolongé par un embarcadère en charpente, long de 16 mètres.
1856 : un service régulier est assuré entre Porquerolles à Toulon, 3 fois par semaine, par Les Iles d’Or (le Courrier des Iles d’Hyères), un ancien yacht à vapeur.
1856 : l’île du Levant est rachetée à par le comte Henri de Pourtalès, père du ministre de Prusse à Paris, résidant en Suisse.
1857 : la chapelle militaire de Porquerolles est dotée d’une cloche.
1858 : le comte de Pourtalès obtient l’autorisation de créer une colonie pénitentiaire de jeunes détenus.
1858 : le fort du Bon Renaud est remis en question, mais maintenu en service avec 2 canons rayés de 30 cm et un mortier.
1858 : le duc de Vicence, marquis de Caulaincourt, fils du grand écuyer de Napoléon Ier, ambassadeur à Saint-Pétersbourg, devient seul propriétaire de Porquerolles, pour 202 000 francs, y compris les terrains rachetés à MM. Noilly et Plasse. En 1815, le général Caulaincourt, duc de Vicence, avait fait partie de la Commission de Gouvernement élue après l’abdication de Napoléon, dont Fouché était le Président. Il respecte le compromis de 1852 entre le Génie Militaire et la famille de Lénoncourt.
1859 : l’usine de soude du Langoustier est rachetée par la société Jouvin, Renard, Boude et Robert.
1860 : la batterie de Port Man est refaite.
1860 : la colonie pénitentiaire du Levant est autorisée sous le nom de colonie agricole Sainte Anne. Les bâtiments accueillent les premiers détenus. M. de Pourtalès fait construire son château au dessus du Grand Avis.
1861 (novembre) : le cimetière de Porquerolles est terminé. Port Cros compte alors 83 hts.
1861 : à Bagaud, on refait les batteries de l’Est, du Sud et du Nord, en les dotant de réduits défensifs.
1862 (mai) : une première révolte des détenus de la colonie du Levant est matée par les militaires de Port Cros.
1862 : Porquerolles compte 300 hts.
1863 : M. de Vicence fait l’acquisition de l’hôtel des Iles d’Hyères, à l’angle nord-ouest de la place d’Armes, à Porquerolles.
1863 : des essais de culture de cotonnier sont expérimentés avec succès à Port Cros par M. et Mme de Morel.
1864 : M. Laborde crée une fabrique de pipes au Levant. L’île accueille alors jusqu’à 500 habitants, y compris 200 à 300 détenus. 400 hectares de terrains sont cultivés, dont 65 en vignes.
1864 : Amédée Aufauvre publie Hyères et sa vallée, guide touristique, médical et topographique, un des premiers consacrés à la ville d’Hyères.
1865 : le comte de Pourtalès obtient l’autorisation de construire un petite jetée dans la calanque de l’Avis. Il est dispensé de redevance, en contrepartie de l’ouverture du port à tout navire désireux de s’y réfugier.
1866 (octobre) : après l’arrivée de 65 jeune détenus, venant de la colonie horticole de Saint-Antoine, en Corse, ce qui porte à 288 le nombre des détenus de la colonie agricole du Levant, ceux-ci se révoltent, et pillent les bâtiments. Le feu se déclare dans les caves, dans lesquelles 14 détenus meurent carbonisés. D’autres se retranchent dans le fort de l’Arbousier, qui doit être assiégé.
1867 (janvier) : 37 détenus mutinés du pénitencier du Levant sont jugés à Draguignan. 3 sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité.
1867 : le pin parasol ou pin pignon est introduit à Porquerolles.
1868 : Porquerolles héberge des bataillons d’infanterie légère d’Afrique en convalescence.
1869 : l’église Ste Anne de Porquerolles est dotée d’un chemin de croix composé de 14 panneaux sculptés dans du bois de noyer par Joseph Wargnier, convalescent d’un bataillon d’Afrique, financé par le Père Ollivier.
1869 : une croix est érigée dans le cimetière de Porquerolles.
1869 : une Société des Produits Chimiques de St Florens et Porquerolles est constituée, qui reprend l’usine de soude du Langoustier.
1870 : une nouvelle sous-commission, sous l’égide du Comité de Défense, dont le secrétaire est le général Raymond Séré de Rivières, reprend l’étude des sites de défense, du fait de l’apparition de l’artillerie à canon rayé et des navires cuirassés. La décision est prise de ne conserver que deux ouvrages partiellement enterrés, destinés à contrôler la rade : le fort de l’Eminence, à Port Cros, et le fort de la Repentance, à Porquerolles, à construire. En attendant, le fort de Lequin est équipé de canons rayés.
1872 : M. Estancelin, ancien député, commandant supérieur des gardes-mobiles, est locataire de la chasse à Port Cros et au Levant, où il séjourne dans l’habitation du gardien. Amateur de lait, il fait venir une vache. La population de Port Cros, mécontente, diminue d’un tiers.
1872 : à Port Cros, un magasin aux effets militaires, dit l’Artillerie, est transformé en chapelle par l’ajout d’un clocher, la fermeture des fenêtres et la création de nouvelles ouvertures à vitraux. Elle est dédiée à saint Tropez.
1873 (janvier) : Porquerolles compte une population de 650 personnes, une garnison d’Infanterie de ligne de 80 hommes, un dépôt de convalescents des Pénitenciers d’Algérie, un dépôt de convalescents de tous les corps d’Afrique, des Officiers d’Artillerie et du génie, et une fabrique de produits chimiques de 150 ouvriers.
1873 : le port ne comporte qu’un simple môle de pierre et de bois, où les débarquements sont dangereux par mauvais temps.
1874 : Frédéric Mistral (1830 – 1914), fondateur du Félibrige, publie un recueil de poèmes intitulé Lis Isclos d’Or.
1874 : à Porquerolles, la batterie du Lion, le fort du Bon Renaud, le fort du Galéasson sont déclassés. Le fort du Galéasson est acquis par un particulier.
1874 : Port Cros compte 65 hts.
1874 (août) : la construction d’une digue est décidée à Porquerolles, après une pétition des Porquerollais.
1875 : le fort de l’Eminence est achevé, se présentant comme un vaste ensemble bastionné, pentagonal, avec caserne casematée à huit travées.
1876 : la Société des Produits Chimiques de St Florens et Porquerolles, qui exploite l’usine de soude du Langoustier, fait faillite, ruinée par la découverte d’un nouveau procédé de fabrication. L’usine est rachetée aux liquidateurs par un Marseillais, J.B. Carteirade, qui la fait démolir, ne conservant que les dépendances.
1876 : l’île du Levant compte 81 habitants, en dehors de l’établissement pénitentiaire.
1876 (juillet) : le comte de Pourtalès meurt.
1878 : à Porquerolles, M. de Vicence procède à un échange avec l’Etat, celui-ci lui cédant une parcelle de terrain de 180 m2 et le terrain de l’ancienne Vigie, avec une construction en ruines contre un puits, un lavoir avec les chemins d’accès et une bande de terrain à l’est de la place d’Armes.
1878 : la Porquerolles’ Cup est gagnée par le lieutenant d’Annonville.
1878 (mai) : les héritiers du comte de Pourtalès revendent l’île du Levant à Madame Philippart, de nationalité belge.
1878 (novembre) : après la décision du ministre de l’Intérieur de fermer la colonie agricole Saint Anne du Levant, les 142 enfants sont transférés sur le continent.
1879 : on commence à Porquerolles la construction d’une nouvelle digue longue de 100 mètres, remplaçant la précédente.
1879 (mars) : le 19, la batterie flottante l’Arrogante, bateau-école des canonniers de la Marine, fait naufrage par vent d’est sur la plage de la Badine, faisant 47 noyés, dont le lieutenant d’Annonville. L’Implacable, autre batterie flottante, et le Souverain, vaisseau à trois ponts, quoique mouillés à peu de distance, ne peuvent lui porter secours. L’Arrogante est renfloué quelques semaines plus tard, et ramenée à Toulon.
1879 : M. de Vicence rachète les terrains de l’ancienne usine de soude du Langoustier à M. Carteirade.
1880 : l’armement du fort de Lequin est réduit.
1880 : le fort de l’Eminence est équipé, sur le front Ouest, de 2 pièces de 24 cm sur affût à pivot central, orientées vers la Grande passe.
1880 : trois navires se perdent près de la jetée de Porquerolles, le port étant trop encombré.
1881 : le Général Paoli est coulé le 19 août, à proximité de l’îlot de la Fourmigue, en rade de Bormes.
1881 : les 937 hectares de l’ancienne colonie agricole du Levant sont revendus par les Philippart à une autre belge, Madame Marguerite Linden, épouse de Edouard Otlet, inventeur d’un système de classification bibliographique, fils de Joseph Charles Otlet. Il entreprend des cultures au Grand-Avis, et reconstitue les vignobles.
1881 (février) : le prolongement de la digue du port de Porquerolles est terminé.
1881 (décembre) : le duc de Vicence revend Porquerolles pour 800 000 francs à Léon de Roussen, ancien secrétaire de Gambetta, président du conseil d’administration de La Petite République Française. Celui-ci crée deux exploitations agricoles employant des enfants à la ferme Notre-Dame et au Langoustier. La plaine Notre-Dame est défrichée, et les labours occupent la moitié de l’espace (avoine, orge, blé, fèves, petits pois, pommes de terre, melons, pastèques). Il fait construire la “Maison Carrée”, près de la ferme Notre-Dame, où son épouse, Jeanne Ninous, qui dirige le journal La Famille, écrira la plupart de ses ouvrages, sous les pseudonymes de Pierre Ninous et Paul d’Aigremont. M. de Roussen conteste les concessions concédées par le Génie militaire et obtient la restitution des terrains concédés. Certains font appel, d’autres acceptent de nouvelles conditions, un bail de 18 ans non renouvelable au terme duquel les maisons reviennent au propriétaire sans indemnité. Un nouveau jugement imposera le versement au propriétaire d’un intérêt et permettra à ce dernier de racheter les maisons. Ce qui entraînera l’abandon et la destruction croissant de nombre d’entre elles.
1881 : la construction du fort de la Repentance commence, destiné à déclasser tous les autres forts de Porquerolles. Il comprend une batterie centrale principale, avec casemate à 6 travées et 4 emplacements pour canons de 24 cm, et une batterie nord à 4 pièces orientées vers la Petite passe, le tout entouré d’un fossé creusé dans le roc.
1882 : Hyères ancien et moderne, d’Alphonse Denis, est repris par le Docteur R. Chassinat à qui il avait légué les droits des Promenades pittoresques, déjà plusieurs fois rééditées.
1882-1885 : la Plage d’Argent accueille des familles fuyant l’épidémie de choléra qui décime Toulon et Marseille.
1883 : M. de Roussen rachète l’îlot du cap Rousset à l’Etat pour 101 francs.
1883 (août) : une colonie agricole, école d’agriculture et de viticulture, est ouverte à Porquerolles, à Notre-Dame, par l’Assistance Publique. Elle accueille des enfants et adolescents abandonnés ou récidivistes, sous la direction de M. et Mme de Roussen.
1883 (mai) : 65 ha de l’île du Levant, dont le fort de l’Arbousier, sont adjugés à Joseph Otlet et à ses enfants.
1884 : le fort de Port Man, doté jusque là d’un armement provisoire, est définitivement désarmé. A Porquerolles, le fort du Bon Renaud est désarmé également.
1884 : les héros de Jean d’Agrève, roman publié en 1897 par Eugène Melchior de Vogüé, meurent le 20 août (Hélène) et le 8 octobre (Jean).
1885 : le fort de Lequin est désarmé à son tour.
1886 : la construction du fort de la Repentance est achevée.
1886 : la colonie agricole de Porquerolles est hébergée dans la Fabrique du Langoustier.
1886 (mars) : le ministre du Commerce Lockroy visite Porquerolles et la colonie agricole.
1886 (juillet) : la colonie agricole du Langoustier, qui compte 92 enfants de 12 à 20 ans, se révolte. Les enfants brisent les portes, délivrent un camarade enfermé dans le fort du Grand Langoustier et s’y retranchent. Il faut l’intervention du sous-préfet pour les en faire sortir.
1886 : bûcherons et pêcheurs italiens représentent 15 % de la population de Port Cros.
1886 : le Conseil municipal d’Hyères proteste contre le projet d’installation d’un lazaret à Porquerolles.
1886 : Bagaud est désignée comme lieu de quarantaine pour les malades de l’expédition du Tonkin, et Port Cros pour les soins hospitaliers. La batterie de l’Est, à Bagaud, est reconstruite pour les accueillir. A Port Cros, les blessés de la guerre du Tonkin sont installés dans un camp dit Camp Courbet, situé dans le Val Notre Dame. 15 000 soldats y séjournent..
1886 : des ouvriers creusant les fondations d’une écurie à la ferme Notre-Dame, mettent à jour à Porquerolles une pierre tombale de 50 cm portant une inscription surmontée d’un fronton et de deux colombes, datant du Ier siècle ap. J.-C. Elle porte l’inscription “D.M. VASSIACLIB TYCHE ADQVIESC”, traduite par “Vassia Tyché, affranchie de Caius Vassius, repose ici”.
1886 : M. de Roussen rachète à l’Etat un terrain sur lequel est élevé le poste des Douanes.
1887 : un journal napolitain, le Corriere, fait part du désir du pape Léon XIII de s’installer avec la cour pontificale à Porquerolles.
1887 (février) : le procès de la mutinerie de la colonie agricole du Langoustier se tient au Tribunal correctionnel de Toulon. 5 des 8 jeunes inculpés sont condamnés à 1 franc d’amende, les trois surveillants à de la prison, Mme de Roussen à 200 francs d’amende et M. de Roussen aux dépens.
1887 (février) : la plaine Notre-Dame de Porquerolles est ravagée par un incendie.
1887 (octobre) : dans la nuit du 9, le Spahi, cargo de 53 mètres, construit en 1864 à La Seyne, percute l’îlot de la Fourmigue, en rade de Bormes. Il porte un équipage de 20 hommes et 80 passagers. Certains sont noyés dans l’avant qui s’enfonce immédiatement, d’autres se noient en essayant de rejoindre l’îlot. Le naufrage fera au total 20 victimes, essentiellement italiens.
1888 (juin) : le lazaret de Toulon est transféré à Porquerolles, en dépit de l’opposition des habitants.
1889 : M. Noblet cède Port Cros au marquis Costa de Beauregard, savoyard de nationalité sarde, membre de l’Académie française, auteur de livres historiques. Les cultures déclinent, et l’île sert surtout de réserve de chasse. Parmi les locataires, on compte notamment M. Sabran, négociant lyonnais, président des Hospices de Lyon, fondateur du sanatorium de Giens. On lâche alors faisans, perdrix et lapins. L’île est alors fréquentée par des écrivains, tels que le vicomte Eugène-Melchior de Vogüé (1848 – 1910), diplomate à St Pétersbourg, et Henry Bordeaux (1870 – 1963), romancier bourgeois.
1889 : on achève le prolongement de la jetée de Porquerolles, portant sa longueur à 165 mètres.
1890 : le transport Savoie s’échoue sur les rochers des Mèdes, par fort vent d’Est.
1890 : le fort de la Repentance est doté de nouveaux magasins à poudre enterrés pour résister aux obus-torpilles. Il est complété, près de la batterie nord, d’une batterie annexe pour 6 pièces de 95 mm, à tir rapide, pour lutter contre les torpilleurs.
1890 : le peintre-poète Gauthier, propriétaire du Café du Progrès, ouvre le premier hôtel de Porquerolles, qui ferme peu après.
1891 : Port Cros compte 18 pêcheurs italiens, qui font vivre 28 habitants.
1891 : Porquerolles est toujours reliée à Toulon par un bateau à vapeur, Les Iles d’Or, 3 fois par semaine. Une liaison est assurée aussi avec la Tour Fondue par le voilier du Génie, L’Avenir.
1892 : l’île du Levant est mise aux enchères à la demande d’un créancier de Madame Linden-Otlet, et rachetée par l’Etat, 162 000 francs, pour le compte de la Marine. M. Otlet conserve une soixantaine d’hectares entre la Galère et la pointe Rousse. L’île est utilisée comme champ de tir par des troupes d’infanterie de marine de Toulon, puis abandonnée au profit du camp de Chibron, près de Signes.
1892 (décembre) : une statue de Saint Joseph est érigée en ex voto à Port Cros, à l’entrée du chemin du Vallon de la Solitude, pour remercier le saint d’avoir protégé un parent d’un îlien qui s’était perdu et cassé la jambe.
1892 : Amédée Bodinier, archiviste, dédicace à la reine Victoria Hyères et ses environs, ouvrage riche en photographies.
1893 : le 26 juillet, le Ferrando, charbonnier de 80 mètres, construit en 1888 en Angleterre, longe la côte à destination de Gênes, contre le mistral, avec 25 hommes d’équuipage et 2 passagers. Il se trouve pris dans un convoi de navires militaires en provenance d’Ajaccio. Il évite le Cosmao, mais entre en collision avec le croiseur Amiral Cécile. Il coule par – 25 mètres, au milieu de la rade d’Hyères, sans faire de victime.
1894 : un feu est mis en service à l’extrémité de la jetée du port de Porquerolles. Le trafic du port ne dépasse pas 1 100 tonnes (primeurs, vins, racines de bruyère).
1895 : on envoie à Porquerolles des rapatriés de Madagascar et du Dahomey, de la Légion étrangère et de l’Infanterie coloniale.
1895 : Port Cros compte une centaine d’habitants. Des coupes claires de bois sont opérées dans le vallon de Port Man.
1895 (février) : dans la nuit du 16 au 17, le brick-goélette Lucie d’Ajahne s’échoue près de l’îlot du Turc, faisant 7 morts.
1896 : Eugène Melchior de Vogüé (1848 – 1910) écrit Jean d’Agrève à Port Cros, où est située l’action et qui popularise le Manoir d’Hélène. Il le termine à Costebelle, en décembre.
1896 : l’abbé Ollivier meurt. La riche collection de sciences naturelles et d’archéologie qu’il avait rassemblée est dispersée. Elle comprenait notamment des pierres taillées de la période néolithique, dont trois hachettes en serpentine, en grès et en jade, des fragments de poteries étrusques trouvées sur le plateau des Mèdes, de nombreuses pièces de monnaie datant des règnes d’Auguste jusqu’à Julien l’Apostat.
1896 : dans son guide pour yachtsmen, G. Clerc-Rampal évoque les difficultés de ravitaillement à Port Cros.
1896 : le titre de duc de Vicence s’éteint à la mort de celui-ci.
1897 : l’Académie du Var émet le voeu de rebaptiser le département du Var : Département des Iles d’Or.
1897 : Paul Bourget raconte, dans Les Voyageuses, publié chez Alphonse Lemerre, son passage à Port Cros, invité par un ami, Georges de Baltine, qui avait loué la chasse pour l’année.
1897 (août) : un gigantesque incendie, parti du Langoustier, activé par le mistral, ravage la moitié sud de l’île de Porquerolles, jusqu’à la Galère, pendant quinze jours.
1899 : Porquerolles compte 7 bateaux de pêche, montés par 18 hommes d’équipage. Le tonnage pêché est de 11,5 tonnes.
1899 : le Taurus, de la Compagnie Fraissinet, s’échoue sur la côte Est de Porquerolles, près du Galéasson.

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